



12 octobre 2009
Ségolène Royal était l’invitée de l’émission politique «Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI». Malgré l’insistance des journalistes à poser des questions sur des polémiques médiatiques, Ségolène Royal a pu quand même traiter des sujets de fond
Le Grand Jury RTL
3 novembre 2009
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Paroles aux
militants
Identité
nationale, un
problème ? De
qui vient cette
idée
« Ne sacrifiez jamais vos convictions politiques pour être dans l’air du temps » disait le président Kennedy aux américains.
Eric Besson, alors qu’il était encore membre de la direction du parti Socialiste, dans un mémorandum de 100 pages publié sur le site du parti, analysait la personnalité du principal architecte de la mutation idéologique de l’UMP :
« …Ce que cet ouvrage cherche à démontrer est que non seulement, ne lui en déplaise, Nicolas Sarkozy est bien libéral, atlantiste et communautariste, mais qu'il est devenu une sorte de filiale française de la Bush Cie, un néo-conservateur américain à passeport français. » Il a une « très grande complaisance, pour ne pas dire fascination, à l'égard de la politique extérieure de George Bush et ne croit pas au modèle républicain d'intégration ».
Il l’accusait par ailleurs d’incompétence en dénonçant notamment les bilans gouvernementaux du président de l'UMP, de l’époque :
« M. Sarkozy n'a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d'un médiocre ministre de l'économie et des finances ou ceux d'un ministre de l'Intérieur survolté mais peu efficace. »
Et il ponctue, qu’en plus d’incompétence, il est un manipulateur pour ne pas dire menteur : « Plutôt que de dire explicitement qu'il souhaite revenir sur la durée légale du travail et remettre en cause le droit du travail, Nicolas Sarkozy préférera affirmer qu'il souhaite, par exemple, que "celui qui veut travailler plus et gagner plus puisse le faire. »
Il conclura son opus en attirant l’attention sur un fait que nombre de personnes ignorent : « la vraie Bible de Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néo-conservatrice américaine, son idéologie enterre le gaullisme autant que l'héritage laïque et républicain. »
Par
Alain Bindjouli,
Militant PS et DA Lyon



L’identité nationale, un problème : de qui vient cette idée ?
« Je n’ai jamais défendu cette idée choquante de l’immigration zéro. Mais de là à dire, alors qu’il y a cinq cent mille offres d’emplois non satisfaites, qu’il faut absolument chercher en dehors de nos frontières une main-d’œuvre, alors qu’on a encore un million neuf cent mille chômeurs, c’est un pas que je franchirai pas. Il y a une loi, cette loi s’applique à tout le monde. On ne devient pas français parce qu’on travaille dans la cuisine d’un restaurant, aussi sympathique soit-il… » Celui qui parle là, parle d’un restaurant célèbre de Neuilly dans lequel il a l’habitude de s’y rendre et qui employait, et qui emploie encore, des sans papiers…
Cet extrait de l’intervention du chef de l’Etat le 24 avril 2008 comporte un lapsus que peu de gens ont relevé, même pas les journalistes qui l’interviewaient. Ce lapsus qui n’en est pas un, a été à maintes reprises répété par le président, dans sa réponse à la question de savoir s’il faut légaliser les sans-papiers qui manifestaient ; à croire que le chef de l’Etat confond l’autorisation de séjour avec la nationalité française. Il y a là une confusion dans l’esprit de certains français entre l’immigration et la nationalité française. Il n’y a ni lapsus, ni hiatus ; le président est dans la continuité d’une pensée qu’il développe depuis. Et c’est le seul domaine dans lequel le chef d’Etat reste cohérent par rapport au candidat qu’il a été.
Déjà, alors que la campagne présidentielle battait son plein et les candidats débordaient d’imagination, le futur vainqueur lança la polémique en proposant, dans une émission télévisée, trois conditions pour qu'un étranger puisse faire venir sa famille en France : « La loger pour qu'il n'y ait plus de squats, avoir des revenus pour la faire vivre et apprendre des rudiments de français avant de venir en France, car si on ne le fait pas, on ne peut pas s'intégrer. La langue de la France, c'est le français. » Jusque-là rien d’anormal, mis à part qu’il va ensuite s’engager s’il est élu à institutionnaliser ce concept dans le cadre d’un ministère au nom très révélateur : « …Je veux un ministère de l'immigration et de l'identité nationale et dès juillet 2007 je ferai voter une nouvelle loi sur l'immigration pour encadrer le regroupement familial. » Pour la première fois en France, un candidat éligible se propose d’opposer dans un ministère, l’immigration à l’identité française.
Jean-Marie Le Pen, un professionnel du genre (père de la théorie identité = problème), ne s’y est pas trompé et il va approuver pour ne pas dire donner une onction a son clone : « Refuser d’associer immigration et identité nationale, c'est nier que l'immigration puisse porter atteinte à l'identité nationale alors qu'il s'agit d'une terrible réalité. » Soit dit en passant ; avec cette déclaration, Le Pen allait condamner son propre parti car indirectement, il encourageait ses électeurs à quitter le « paquebot » pour rejoindre son successeur auto désigné qui oeuvrait dans l’UMP et pour cause : l’idéologue de l’UMP avait contrairement à Le Pen des chances d’être élu à la tête de l’Etat et assouvir leurs fantasmes…
Qu'est-ce que l’identité française ? Est-ce vraiment un enjeu ? Est-elle vraiment menacée ? Ces questions préoccupent la France et du coup elles me préoccupent.
Qu’entendent l’UMP, le Front national, et aujourd’hui le zélateur « traître heureux » par identité nationale ? A nos yeux, quel sens donnent-ils à l’identité nationale ?
Voici une explication en suivant l’acte de naissance de cette vague identitaire au pays des droits de l’homme. Décodons les actes et les paroles : chose promise, chose due, le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité et du codéveloppement (1) vit le jour. Au mois de septembre 2007 ; la loi promise fut votée et le premier ministre en charge de cet ambitieux programme d’en expliquer les objectifs.
« Le modèle d’intégration à la française a démontré ses limites, car cette immigration se concentre dans trois régions où elle plombe le taux de chômage : tenez, six pour cent seulement de français ayant fait des études supérieures sont au chômage alors que ce taux est de vingt-quatre pour cent dans les populations d’origine étrangère, ou étrangère si vous voulez… Quant à l’aspect codéveloppement, nous voulons aider les cadres étrangers notamment les médecins béninois qui représentent soixante pour cent du corps médical de Martinique et quatre-vingts pour cent de celui de la Guadeloupe, à regagner leur pays en gagnant mieux leur vie… Notre loi est humaniste, elle ne vise aucune origine ethnique ; et si nous préconisons les tests biologiques, c’est simplement pour faciliter le regroupement familial. Dans le même sens, nous allons établir des statistiques sur les origines ethniques et raciales afin de favoriser l’intégration… » Dixit Brice Hortefeux sur la chaîne de télévision France 5, dans une émission intitulée Riposte. Donc Eric Besson ne s’est pas trompé ; le modèle d’intégration républicain est bien contesté par l’UMP actuel.
Ce ministère promis va proposer au parlement un amendement sur la génétique. Dans l’esprit de tous, il est évident que cette loi vise à confondre les étrangers considérés à tort ou à raison, comme des fraudeurs par essence. Nous verrons plus loin de quels étrangers il s’agit.
Comme dans toutes les démocraties, un débat est ouvert et les opposants dénoncent le caractère discriminatoire de ce traçage de la filiation par l’ADN qui s’applique aux seuls étrangers et rappelle l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire de France et d’Europe.
Face à ce tumulte, le ministre, au lieu d’affirmer courageusement son objectif ou de faire amende honorable, il se lançait dans une démagogie qui ne trompait personne : « L’objectif du test biologique qui se fera sur la base du volontariat est de faciliter le regroupement familial pour les familles dont les dossiers traînent ou pour celles qui souhaitent accélérer la procédure. »
Allez donc y comprendre quelque chose ! A la même tribune, le même ministre explique d’une part que, le taux de chômage élevé dans les banlieues et par extension, le taux de chômage élevé en France par la présence des populations d’origines étrangères ; et d’autre part que, par sa loi sur les tests ADN, il veut favoriser le regroupement familiale.
Allons en détail dans l’analyse de la réponse du ministre. Inclut-il dans ses statistiques les populations françaises des banlieues originaires des départements et des territoires d'outre-mer ? Inclut-il les territoires ultramarins dans cette race d’homme dont, la dégénérescence plombe le taux de chômage en France ? Leurs origines étrangères, mêmes centenaires, continueraient-elles à influer sur l’éclat de l’identité Française ?
Alors la question lui est posée par le journaliste. Dans sa démonstration, le premier ministre de l’identité nationale, certainement de bonne foi, affirmera que sa loi ne vise aucun groupe ethnique particulier.
Cependant, pendant tout l’interview, il ne cessa de répéter que cette loi s’appliquera aux peuples dont les États n’ont pas encore de système d’état civil performant ; dont l’intégration en France est difficile ; où l’administration est corrompue…
Si vous reconnaissez là un seul État américain du nord ou européen, alors vous débordez d’imagination. À qui fera-t-on croire que le fameux ministère de l’Immigration et de l’identité ne s’adresse pas exclusivement à certains étrangers (2) ?
Personnellement, je ne vois pas comment on pourrait demander à un Polonais ou un Hongrois, un Américain ou un Canadien, un Chinois ou un Japonais d’apprendre le français pour obtenir un visa d’entrée en France.
Obligera-t-on un Américain, un Japonais un émir Saoudien, qui souhaite faire venir leurs fils en France, à prouver leur filiation, éventuellement par un test génétique ?
À qui fera-t-on croire que le ministre a intégré les Européens et les Américains du Nord avec les populations diplômées d’origines étrangères qui n’arrivent pas à intégrer le marché de l’emploi ?
Il ne faut pas être voyant pour deviner quels hommes et quelles femmes étaient visés par ces dispositions génétiques. Le ministre entre les mots désigne d’ailleurs les « coupables » : « Quant à l’aspect codéveloppement, nous voulons aider les cadres étrangers notamment les médecins béninois qui représentent soixante pour cent du corps médical de Martinique et quatre-vingts pour cent de celui de la Guadeloupe, à regagner leur pays en gagnant mieux leur vie… » Soit dit en passant, il oublie que la majorité de ces médecin sont certes d’origine béninoise ou autres, mais ils sont d’abord de nationalité française au même titre qu’un hongrois qui est pourtant devenu président de la république en France.
Cette analyse confuse du ministre pose un problème de fond dans le logiciel de pensée actuel de l’UMP. Ce parti politique n’assume pas du tout sa mutation idéologique.
Pourquoi cet acharnement de ces hommes à expliquer par le contraire la vraie idéologie de l’UMP ? Quelle est donc cette idéologie dont les militants de l’UMP et leurs dirigeants ont honte d’avouer comme le prouve ci-dessus les réponses de Brice Hortefeux ?
Celui qui le premier a dénoncé cette mue est comme par hasard aujourd’hui membre de l’UMP, un certain Eric Besson. Et même si en France ce n’est pas politiquement correct de le dire, il faut avouer que l’UMP est aujourd’hui un parti « Lepénisme politiquement correct ». L’UMP est passé du Gaullisme au Lepénisme en le dépouillant de certains de ses excès qui, le rendait peu fréquentable. C’est aussi le constat que font de nombreux membres et ex membres de l’UMP et pas des moindres : Nicolas Dupont Aignan, Dominique de Villepin et ses amis… Mais les dirigeants de l’UMP actuels par manque de courage politique, ou par mesquinerie ne l’avouent pas officiellement.
Oui, il n’est pas politiquement correct en France d’appeler un chat "chat" : ce parti a changé, il n’est plus gaulliste, il est d’obédience lepéniste. Et pour brouiller la piste, l’on préfère nous bassiner avec cet argument qui ne trompe que les niais : « Nicolas Sarkozy a siphonner l’électorat Le Pen. » En d’autres termes, grâce au président de la république actuel, l’influence de Lepen sur la politique française est faible. Mais pour attirer l’électorat de Le Pen, il a fallu lui emprunter ses idées, son vocabulaire dépouillé de la négation de la Shoah.
Le discours actuel de l’UMP cache une conception communautaire de la république, ce n’est pas moi qui le dit c’est bien un membre actuel de l’UMP, et ceci dans l’introduction de cette note. Cette conception de la république pour ceux qui ne le savent pas est contraire à l’identité française.
La France n’est pas un conglomérat de communautés, la France est une nation unie et unique qui, prône entre tous ses citoyens, des valeurs fondées sur les droits de l’homme, dont elle est à l’origine de la déclaration universelle. Ce n’est pas moi qui le dit c’est la constitution française.
« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004. En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d'outre-mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique. » Ce préambule décrit l’idéal républicain dans toute sa splendeur et justifie que de nos jours les patriotes y soient très attachés.
Nous sommes partis en France d’une république mono raciale, mono culturelle et mono confessionnelle pour aboutir aujourd’hui à une société multi raciale, multi culturelle et multi confessionnelle, comme il apparaît en filigrane dans cette phrase tirée du préambule ci-dessus : « En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d'outre-mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique. » Cette réalité est clairement soulignée dans l’article premier de la constitution : « La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
Donc la constitution de France prône entre tous ses citoyens les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité mises à mal aujourd’hui par ce besoin, ce souci de distinguer les citoyens par couche.
Oui, le discours actuel de l’UMP, qui à la veille de chaque élection, amplifie l’identité nationale pour opposer les citoyens entre eux, n’est pas conforme à la charte républicaine. Ce n’est pas moi qui le dit c’est Eric Besson et si on s’inspire de la constitution il avait raison.
Dans la prochaine note sur l’identité nationale je vous parlerai des communautés qui sont indexées par l’idéologie actuelle de l’UMP.
(1) Tout un programme ! (2) Après le ministère de la Coopération (version paternaliste de la France), une véritable aberration dans le registre des affaires étrangères, voici venu le temps du ministère de l’Immigration et de l’identité (version xénophobe de la France) une autre aberration dans le droit international.







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